Cet article est proposé par Mehdi Coly, fondateur d’Optimiz, logiciel de référencement à l’usage des débutants en SEO.

Depuis maintenant près d’un an, j’organise des sessions de formation en référencement, gratuites, à l’attention des débutants. Ces sessions m’ont permis de mieux appréhender les éléments les plus bloquants dans l’apprentissage du SEO par les personnes débutantes.

Une réunion SEO
Quelle est leur vision du SEO ?

De façon générale, bien que je propose moi même des prestations de référencement naturel, je considère qu’il est toujours souhaitable que le client internalise au maximum son SEO, et que l’expertise du référenceur s’exerce d’avantage sous forme de conseils, formation et accompagnement, que sous forme de prestation clef en main.

Un vocabulaire à démystifier

Le premier élément bloquant pour les personnes ayant le souhait de comprendre le SEO, est évidemment l’aspect opaque des informations disponibles : « contenu de qualité »  « balises », « métadonnées », « backlinks »… Tous ces termes ont un aspect décourageant pour le débutant.

En formation de référencement, il est donc important d’insister autant sur les modalités de mise en œuvre des recommandations que sur la recommandation elle-même. Montrer comment effectuer une redirection d’URL, remplir une balise Title ou modifier des H1 dans wordpress, drupal et prestashop permet de démystifier ce langage châtié que l’on impose à une population parfois technophobe. L’important est de montrer au débutant qu’il n’y a pas de manipulation à faire dans le code pour optimiser son contenu (à condition de disposer d’un CMS correct en terme de SEO).

Certains mots doivent de toute façon être expliqués

Mais expliquer le référencement sans faire  appel aux termes techniques n’est pas évident. Imaginons par exemple la phrase suivante : 10 techniques seo pour améliorer sa présence de longue traine dans les SERP sur les requêtes locales.

Dans l’idéal, il faudrait reformuler ainsi : 10 techniques de référencement pour améliorer sa présence sur les mots clés longs dans les résultats de recherche Google impliquant une géolocalisation.

Et encore, la fin de la phrase n’est pas forcément plus facile à comprendre dans la deuxième version que dans la première… Conclusion : le plus simple est sans doute de faire monter le débutant en compétence afin qu’il maitrise certains mots essentiels à sa compréhension du référencement.

Quelques légendes urbaines

Le deuxième élément marquant dans l’image que les débutants semblent se faire du SEO, est le côté « occulte » du référencement. Les légendes urbaines ou les guides de bonnes pratiques non mis à jour participent fortement à brouiller les cartes. Parmi le florilège de remarques que j’aie pu avoir en formation :

Je suis premier sur tous mes mots clés, sauf quand je me connecte chez ma tante

Réessayez chez vous en effaçant votre historique et en déconnectant votre compte gmail

J’ai bien mis tous mes mots-clés dans la case mots-clés mais ça ne marche pas

Pas la peine de mettre les mots clés dans vos balises Keyword, Google ne lit plus cette balise depuis des années.

Je suis bien référencé : quand on tape mon nom de marque je sors premier

C’est un bon début, mais il va falloir élargir à des mots-clés plus descriptifs de votre activité pour générer de nouveaux prospects.

Vous nous dites qu’il faut avoir des liens pour être bien référencé, mais mon beau-frère m’a dit que Google sanctionnait les liens maintenant

Alors, comment vous dire…

Je ne peux pas être bien classé en référencement naturel parce que je ne paie rien à Google

Le fait d’avoir une campagne adwords n’a pas de rapport direct avec l’algorithme de classement naturel

Besoin d’exemples concrets

Le SEOAu-delà de ces éléments de base, les débutants en SEO ont de grosses difficultés à comprendre ce qu’est un « contenu de qualité ».

Même s’il est pratique et facile d’écrire dans un article de spécialiste que la qualité du contenu est déterminante, qu’il faut écrire pour google comme on écrirait pour ses propres utilisateurs, la réalité concrète est toute autre. Expliquer à un loueur de bennes qu’il doit faire du contenu de qualité nécessite d’en passer par de nombreux exemples, les plus précis possibles. Parce qu’aux yeux du client, une benne, ça reste une benne… En tant que référenceur, quand j’optimise le contenu des sites de mes clients, je dois me creuser la tête un bon moment avant de trouver des choses originales à dire sur des produits à faible, non distinctifs par rapport aux concurrents, et dont les propriétés sont parfois très techniques.  Mais une chose est sure : on y parvient toujours avec un peu d‘imagination, et surtout, on y prend beaucoup de plaisir !

La perception du fonctionnement de Google

Peu de personnes savent que Google copie dans ses Datacenter le contenu des sites internet du monde entier.  Il faut que le client prenne conscience le plus physiquement possible du fait que son contenu est stocké chez Google, et qu’en conséquence, lorsqu’un internaute tape une requête dans le moteur, Google va aller vérifier dans sa base de donnée si les mots tapés dans cette requête sont présents… ou pas.

Même si Colibri a nuancé cette méthode basique, le principe reste tout à fait valable et permet au débutant de mieux cerner la partie « contenu » des recommandations que l’on peut lui faire. Il est désormais apte à intégrer le fait que les mots présents dans les pages de son site constituent son patrimoine lexical et donc la principale richesse du site web.

Faire comprendre la différence entre l’indexation et le positionnement est donc une étape essentielle à la compréhension du SEO. Il faut que le débutant puisse se dire : plus je vais avoir de mots différents dans mes pages, plus ces mots, stockés chez Google, pourront matcher avec des expressions tapées par les internautes dans le moteur de recherche.

Cette étape intellectuelle est très utile pour convaincre les clients de l‘utilité d’avoir un blog, de détailler les fiches produits, et d’avoir un dictionnaire des synonymes sous le coude (ou plutôt sous le clic de souris).

La difficile compréhension de la notion de notoriété

La première fois que l’on explique la transmission de la notoriété de page en page, la principale difficulté est de parvenir à expliquer sans dénaturer, à simplifier sans tomber dans le simplisme…

L’image du « jus de lien », qui transmet de la notoriété, est utile, mais il est ensuite complexe d’intégrer le fait que le jus de lien peut avoir plusieurs goûts selon que l’on s’intéresse à la « puissance » (le page rank), à la thématique (ancre du lien, contenu de la page et du domaine source), à la confiance (trust rank), ou même à la dilution (nombre de liens sortants de la page et du domaine)… pour évoquer ces sujets, il peut être intéressant de passer par des images issues de la vie courante.

Pour expliquer la dilution de la transmission de la notoriété en fonction du nombre de liens sortants, on peut par exemple se référer à la métaphore suivante : Vous découvrez un ouvrage  présentant une liste de 2000 restaurants sympas à Lyon. Vous le comparez à un autre livre qui se limite à 5 restaurants coups de cœur de cette même ville. Si vous étiez restaurateur, à publication égale de ces deux ouvrages, préféreriez-vous être noyé parmi la liste de 2000, ou figurer dans la sélection réduite à 5 bons bistrots ?

La carte de restaurant

De même, pour comprendre l’importance de recevoir des liens de la part de pages ayant une thématique commune à la sienne, le débutant peut facilement se reporter à une évidence de la vie courante : Si je demande conseil à mon dentiste pour choisir la bouteille de vin que j’apporterai à un diner entre amis le soir même,  je ne donnerai certainement pas la même importance au conseil reçu de la part du médecin qu’à celui que j’aurai recueilli de la part d’un oncle œnologue et caviste…

Le débutant, l’avenir de l’agence SEO

Pour obtenir de vrais résultats, une agence de référencement a souvent besoin d’avoir un client impliqué. Tout comme une agence de communication réussira mieux son travail si le donneur d’ordre est compétent en terme marketing, le référenceur doit pouvoir s’appuyer sur une compétence interne à l’entreprise.

En principe, on trouvera toujours une personne ayant une qualité intéressante pour le SE0 : maitrise d’un CMS, compétences rédactionnelles, aisance sur les réseaux sociaux, vision marketing… Pourquoi ne pas prendre le meilleur chez le client, lui apporter des connaissances de base en SEO et monter un partenariat pour placer le site en haut de Google ?

La confiance peut surement se gagner en apportant de la compétence plutôt qu’en la monopolisant…