WordPress 5.0 et Gutenberg : un changement de philosophie ?

Publié le 18 décembre 2018 WordPress

WordPress 5.0 est sorti le 6 décembre dernier. Comme toute version majeure, elle apporte son lot de nouveautés. Et l’une d’elles est particulièrement visible : Gutenberg, un tout nouvel éditeur pour rédiger les contenus, éditeur qui vient remplacer automatiquement l’ancien TinyMCE.

GutenBerg

Remarque préalable

Avant de lire cet article, il est important de lire ce passage.

Cet article n’a pas pour but de venir critiquer WordPress, ni Gutenberg, ni toutes les personnes qui ont participé à cette nouvelle version du CMS. Il ne s’agit ici que d’un point de vue personnel sur ce qui vient de se passer et sur le futur du CMS. L’objectif est de pouvoir dresser le bilan de la sortie de cette dernière version, de la façon dont elle a été décidée et déployée, et aussi de mieux comprendre comment fonctionne la communauté WordPress, avec ses atouts et ses défauts.

On parlera ainsi beaucoup de la forme plutôt que du fond. Il est donc possible que je me trompe ou que j’occulte involontairement certains aspects dans cet article. Si c’est le cas, ce sera un plaisir d’échanger avec vous en commentaire.

Qu’est-ce qui change avec WordPress 5.0 ?

Pas mal de choses en réalité. Un article sur Make WordPress détaille d’ailleurs tout ce qui change avec la 5.0 (par exemple, on peut enfin faire facilement de la traduction dans nos fichiers JavaScript, ce qui est génial). Mais ce que tout le monde va remarquer, c’est surtout le nouvel éditeur Gutenberg

Plus moderne, il permet de gérer et créer des contenus de façon très visuelle avec des blocs. On y retrouve des possibilités de mise en page traditionnelle (listes à puces, gras, alignement, etc.) mais de très nombreux éléments supplémentaires grâce à ce concept de Blocs :

Blocs Gutenberg WordPress
Gutenberg fonctionne avec des blocs

Le principal intérêt est de rendre plus visuelle, interactive et complète la rédaction d’un contenu, et d’avoir au passage un rendu plus proche entre le contenu que l’on rédige et la façon dont ce dernier va s’afficher réellement sur notre site WordPress.

Pourquoi Gutenberg ?

Le point clé de cette mise à jour, c’est qu’elle ouvre de nouvelles perspectives pour l’avenir. Actuellement, l’utilisateur peut modifier son contenu, mais c’est le thème WordPress qui va gérer les autres éléments de chaque page (header, footer, sidebar, etc.). Pour de nouveaux utilisateurs WordPress, ces éléments de l’interface d’administration sont loin d’être facilement compréhensibles au premier abord, comme par exemple ces actions :

  • créer un menu ;
  • ajouter un widget ;
  • personnaliser un thème avec le Customizer ;
  • changer un contenu dans le header ou le footer ;
  • etc.

Le vrai objectif de Gutenberg est de rendre plus fluide et administrable l’intégralité de son site et de ses contenus. A terme, Gutenberg devrait ainsi unifier l’interface d’administration de WordPress avec le principe des blocs, et donc au passage de se débarrasser d’anciennes interfaces et API comme par exemple celles des Widgets et des Shortcodes.

Une des frustrations courantes des utilisateurs de WordPress est justement d’avoir une interface centrée sur la rédaction de contenus textes alors que le web est maintenant focalisé sur des contenus enrichis (vidéo, images, galeries, tableaux, boutons, contenu en pleine largeur, etc.). L’autre frustration courante était d’avoir un rendu visuel en backoffice A, et un rendu complètement différent en front-office B.

Gutenberg essaye ainsi de résoudre ces deux problématiques à la fois (vous pourrez d’ailleurs trouver ici un article anglais qui en parle très bien). La version 5.0 de ce nouvel éditeur n’est donc que la 1ère étape. La phase 2 est d’ailleurs déjà en route, et l’objectif est d’aller bien plus loin dans les mois et années à venir avec de nombreux projets visant à intégrer bien plus ce nouvel éditeur dans l’ensemble du backoffice de WordPress.

L’éditeur actuel est en effet incomplet, et il a le vilain défaut de mélanger une interface classique WYSIWYG (une interface comme n’importe quel logiciel de bureautique) avec des API supplémentaires :

  • Celle des shortcodes comme « [je_suis_un_shortocde] »;
  • L’API View des shortcodes (dont quasiment personne ne parle et/ou ne connaît l’existence) ;
  • Les autres menus de WordPress pour gérer tout le reste (notamment le Customizer, les widgets ou encore les menus dont on a déjà parlé).

Smashing Magazine en parle très bien dans son article sur les blocs. WordPress souhaite à terme passer de ce fonctionnement :

Layout des thèmes WordPress
Le fonctionnement classique de WordPress

à celui-ci :

Gutenberg et les thèmes WordPress
Le futur de WordPress

Malheureusement, l’arrivée de Gutenberg a fait grincer les dents de beaucoup de personnes. Voyons pourquoi ?

Un changement de philosophie ?

A titre personnel, je pense que Gutenberg est une bonne chose, et va permettre de créer plus facilement des sites enrichis et variés. Cela va permettre enfin de s’écarter du sacro-saint carcan des catégories/articles d’une part et des pages d’autre part. Mais la façon dont il a été déployé a provoqué une levée de boucliers d’une partie de la communauté.

Il y a en effet un vrai changement dans ce qui faisait la force de WordPress : la rétrocompatibilité (pour la première fois je dois dire à nos clients de ne pas mettre à jour WordPress tout de suite) et la manière de communiquer sur cette version majeure.

Forcer un changement majeur

Les équipes de WordPress ont forcé un changement majeur conséquent, et qui a malheureusement eu un impact non négligeable sur la rétrocompatibilité de certains thèmes et extensions. Beaucoup d’entre eux se greffent en effet sur l’éditeur classique TinyMCE. Il a donc fallu pour une partie d’entre eux s’adapter au nouvel éditeur.

Le créateur de WordPress le dit lui-même, c’est la version majeure la plus controversée de l’histoire du CMS WordPress :

« It was definitely the most controversial release in a while »

Le problème n’est pas tant l’éditeur en lui-même, mais la façon dont il a été mis en place, dont la communication a été faite et dont la communauté a été impliquée. Pour certains, cela a donné (à tort ou à raison) la sensation qu’il fallait sortir coûte que coûte Gutenberg, que l’éditeur soit prêt ou non.

Communication chaotique

L’une des plus grosses frustrations liées à cette nouvelle version est son aspect désordonné, chaotique et imprévisible. Prenons un exemple simple, la date de mise en ligne. Initialement prévue pour Novembre, celle-ci avait été déplacée à Janvier. Puis Matt Mullenweg a décidé d’accélérer la date à début Décembre sans prendre en compte les remarques de chacun, comme ici avec Yoast.

En d’autres termes, il était difficile de s’adapter pour l’écosystème, ce qui a provoqué de la frustration et de l’incompréhension pour une partie de la communauté. Étant donné le rythme rapide de développement (rapide au vu de la taille du projet et des implications) et le flou sur la date de sortie réelle, cela a amené différentes complications supplémentaires :

Les problématiques de Gutenberg

Accessibilité

La première d’entre-elles a été l’accessibilité. Un éditeur se doit d’être utilisable par tous. Cela implique une accessibilité classique pour tous les navigateurs :

  • dans toutes les résolutions ;
  • sur tous les périphériques, que ce soit sur ordinateur fixe, portable, téléphone ou tablette.

Cela sous-entend également que les personnes souffrant d’un handicap (quel qu’il soit) soient toujours capables d’utiliser l’éditeur de WordPress.

C’est d’ailleurs là où le bât blesse. Deux mois avant la sortie définitive, Rian Rietveld, la personne leader de l’équipe Accessibilité de WordPress, a « démissionné » de son poste. Et les termes utilisés sont assez durs envers le nouvel éditeur :

  • « The codebase of Gutenberg is difficult for all of us »
  • « There was no React developer with accessibility experience in the community »
  • « Functionality that was tested, improved and then approved by Andrea, changed in a later stage, breaking the a11y improvements again »
  • « New functionality was not keyboard tested before implementation »

En d’autres termes, le code de Gutenberg est trop complexe, changeait trop souvent, sans avoir les personnes compétentes sur le langage utilisé (React) et sans mettre en place les processus logiques pour tester l’accessibilité pour ce genre de projet. C’est d’ailleurs l’un des reproches qui revient le plus souvent quand on parle du nouvel éditeur. Dans l’article, l’auteur explique clairement que Gutenberg est une régression par rapport à l’ancien éditeur TinyMCE.

Pire encore, un site dédié au projet explique clairement que ces compromis ont été faits sciemment. Pour résumer, on sacrifie une partie de l’accessibilité alors que WordPress représente 32% du web mondial.

Compatibilité et développement sur-mesure

Cette problématique est inhérente à tout projet de grande envergure. Le nouvel éditeur étant un changement d’envergure, il faut s’assurer qu’il ne vienne pas casser les sites WordPress. Le problème, c’est que la combinaison d’extensions et de thèmes est gigantesque, et cela sans compter les combinaisons de versions différentes de ces mêmes extensions et thèmes, du cœur de WordPress, des configurations serveur et des configurations du CMS. Il est impossible humainement de tester toutes les configurations qui pourraient exister, et c’est donc aux utilisateurs finaux de tester et de faire remonter un maximum de problématiques.

C’est là que la notion de délai prend toute son importance : si on réduit le temps de développement d’une version majeure, il est difficile pour tout le monde de prendre le temps de tester, de trouver des solutions et de les incorporer dans le cœur.

Et si vous ajoutez à cela tous les développements sur-mesure, cela complexifie l’ensemble. Je connais par exemple certains projets qui utilisent WordPress pour diffuser du contenu ailleurs, par exemple sur des applications Android et iOS. Le souci, c’est que le nouvel éditeur ajoute du marquage en base de données. Il faut donc que ces développeurs rajoutent des fonctions de nettoyage avant d’envoyer le contenu à leurs applications tierces :

Marquage Gutenberg WordPress
Le code généré en base de données par Gutenberg

Parfois bien entendu, ne pas être rétro compatible est nécessaire et inévitable. Par exemple, la version 5.0.1 est une version corrective qui a aussi été appliquée aux versions majeures précédentes (si vous n’êtes pas en version 5.0 mais en 4.9 ou inférieur, vous êtes aussi concernés), et qui n’est pas 100% rétro compatible ! Cela a été fait ici en toute connaissance de cause pour corriger des failles de sécurité. Il n’y avait donc pas le choix, mais cela impacte certaines extensions, comme ici avec WP Rocket :

Sécurité WordPress et rétrocompatibilité
La sécurité et la rétrocompatibilité

Réapprendre

C’est valable pour n’importe quelle mise à jour d’un outil, mais la taille du projet Gutenberg accentue le phénomène. Pour les utilisateurs, il faut apprendre à écrire avec le nouvel éditeur, et les développeurs doivent apprendre à coder. Un nouvel Handbook est d’ailleurs là pour vous y aider.

Pour ces derniers, il faut se mettre à React, la librairie JavaScript phare de Facebook. Pourquoi React ? Pour plusieurs raisons : la taille de la communauté, les performances de celle-ci et surtout, savoir que derrière il y a un réseau social d’envergure qui « pousse » ce projet. Les développeurs WordPress doivent donc apprendre à utiliser cette librairie (si vous n’aimez pas le JavaScript, il va falloir faire avec). Et même avec des développeurs aguerris, c’est loin d’être simple au premier abord comme en témoigne cet article de Julien Maury dont vous allez vite sentir la frustration ^^.

Frustration d'un développeur
Migrer vers Gutenberg peut être « pénible »

Côté utilisateur, il faut aussi apprendre une nouvelle interface. Je ne dis pas ici qu’elle est meilleure ou moins bonne que l’ancienne : elle nécessite un apprentissage supplémentaire. En fonction de l’utilisateur, cette phase peut être rapide, et pour d’autre plus longue.

Ce qui est « marrant » avec ce point précis, c’est que justement aucun éditeur ne sera jamais idéal. Certains vont préférer l’ancien, d’autres le nouveau. Une partie des utilisateurs apprendra bien plus facilement Gutenberg que TinyMCE, et une autre partie fera exactement l’inverse. Et vous aurez aussi une partie qui aura du mal à rédiger quelle que soit l’interface que l’on va leur proposer (l’informatique est loin d’être aussi « innée » qu’on peut le penser).

Open Source ne veut pas dire démocratie

WordPress n’est pas une démocratie

Un grand nombre de personnes a critiqué le projet. Il suffit par exemple de regarder les notes attribuées à l’extension sur le dépôt officiel de WordPress :

Avis Gutenberg WordPress
Des notes assez négatives

Les avis sont tellement critiques que certains ont lancés des projets à côté, comme ClassicPress. Et bon nombre d’entre eux ont la sensation de ne pas être entendus.

Si le projet est Open Source, « pourquoi ne suis-je pas écouté ?« . C’est pour une raison simple, Open Source ne veut pas dire démocratie. Certains décident, et non pas toute la communauté.

C’est quoi l’Open Source ?

Sous ce terme barbare se cache un concept simple. Un projet Open Source est un projet dont le code est ouvert à tous. Cela implique 4 libertés fondamentales :

  • exécuter le code ;
  • l’étudier ;
  • le rediffuser ;
  • l’améliorer.

En aucun cas cela ne veut dire que tout le monde peut décider de l’avenir d’un projet Open Source (et si c’était le cas, nous serions dans un bordel monstre). Je vous invite à lire d’ailleurs cet excellent article anglais : « Open Source is not about you »

As a user of something open source you are not thereby entitled to anything at all. You are not entitled to contribute.  You are not entitled to the attention of others. You are not entitled to having value attached to your complaints.

Traduction : En tant qu’utilisateur d’un projet Open Source, vous n’avez donc droit à rien du tout (par rapport à ce dernier). Vous n’êtes pas autorisé à contribuer [de façon automatique]. Vous n’avez pas droit d’obtenir l’attention des autres. Vous n’avez pas le droit à ce que vos réclamations aient une valeur.

La phrase est dure, mais elle est vraie : quand l’auteur parle d’avoir le droit, c’est dans le sens « systématique » du terme. Dans un projet Open Source, vous pouvez donc donner votre avis, cela ne voudra pas dire qu’il sera forcément pris en compte.

Qui décide chez WordPress ?

Prenons maintenant un peu de temps pour comprendre comment cela se traduit pour notre CMS. Qui décide de l’évolution du projet WordPress ?

  • Les « Lead Developers » : 6 personnes (dont Matt Mullenweg, le créateur de WordPress) qui assurent la cohérence et la stratégie à long terme ;
  • Les « Core Comitters » : ceux qui ont le droit d’intégrer du code directement dans WordPress (environ 30 personnes) ;
  • Le « Mission Control et Security Team » : ceux qui déclenchent les mises à jour au niveau mondial, qui sont en charge de la sécurité et de s’assurer que tout se passe pour le mieux ;
  • Les « Components maintainers » : ceux en charge d’une partie bien précise de WordPress et qui doivent s’assurer de sa maintenabilité/évolution (tests, mises à jour, sécurité, cohérence, etc.). Et des composants, il y en a beaucoup ;
  • Les « Core contributors » : tous ceux et celles qui participent au cœur (n’importe qui peut devenir Core contributor, vous y compris).

Mais en résumé, les vraies décisions importantes sur WordPress sont décidées par une unique personne : le Project Leader, Matt Mullenweg, en concertation avec les 5 autres Lead Developers et la communauté. Attention à ce que je dis par contre, il ne faut pas caricaturer : il ne décide pas tout seul au doigt mouillé. Il le fait en écoutant la communauté, mais c’est lui à la fin qui va départager les avis et choisir une solution et stratégie.

Le difficile monde de l’nformatiques

Au-delà des erreurs de gestion du projet Gutenberg (forcer la mise à jour, date imprécise, un projet pas prêt à 100%), la version 5.0 s’est heurtée en plus aux problématiques courantes des projets informatiques et/ou Open Source (et auxquelles se heurtent toutes les versions majeures dans des proportions plus ou moins grandes). Cela a accentué la frustration d’une partie de la communauté.

Le frein au changement

Cette problématique, vous l’aurez partout. La résistance au changement est un concept psychologique inhérent à l’être humain, et qui est particulièrement développé dans le monde de l’informatique au sens large.

Tout changement d’interface, de logiciel, de design ou de procédures provoque souvent ce type de résistance. Et Gutenberg entre parfaitement dans ce cas de figure.

Tout le monde n’était pas au courant

Autre problématique courante : croire que tout le monde a pris connaissance de la prochaine évolution.

Lorsque l’on parle de résistance au changement, un des moyens de s’en prémunir est de communiquer en amont. Mais c’est un raisonnement erroné car cela part du principe que tout le monde sera au courant. Et Gutenberg n’échappe pas à la règle : malgré la communication importante, certains utilisateurs, développeurs et même des agences n’étaient pas au courant.

Arrivée de WordPress 5.0 et Gutenberg
Tout le monde n’était pas au courant

C’est d’ailleurs un problème courant : ce n’est pas parce que l’on communique que les gens sont au courant.

Prenons par exemple le message que WordPress affichait dans l’interface d’administration pour prévenir de l’arrivée de Gutenberg : il n’a pas suffi car :

  • il n’a pas été forcément lu ;
  • il a été lu par les mauvaises personnes
  • ceux qui ont lu n’ont pas forcément pris conscience de l’impact réel du nouvel éditeur

C’est d’ailleurs frustrant pour tout le monde : pour ceux qui n’étaient pas au courant car ils ne comprennent pas, et ceux qui portent le projet car ils doivent faire face aux critiques. Cela arrive aussi fréquemment dans tous les autres aspects, comme par exemple pour les traductions : les bénévoles proposent et soumettent une traduction, puis des utilisateurs se plaignent après sa mise en place (on peut citer par exemple les débats sur les termes « étiquettes » ou « téléverser »).

Ceux qui se plaignent mettent toujours en avant la même chose : « nous n’étions pas mis au courant » et « on ne nous demande pas notre avis« . Dans le même temps, ceux qui participent au projet ont souvent le même argument : vous n’aviez qu’à participer ou vous informer. Il y a là un énorme biais de jugement : cela part du principe que ceux qui critiquent ont le temps, les compétences et les connaissances pour participer. Et j’insiste beaucoup sur la notion de temps libre. Pour certains, ils ne peuvent pas participer à ce type de projet (problèmes de santé, famille, autres passions, travail important, etc.). A titre personnel, je participe à la communauté et j’aimerais faire plus. Mais j’ai tout simplement une femme et deux enfants que j’aime.

Sur ce point précis, il n’existera malheureusement jamais de solution efficace. Cela dit, cela n’empêche pas le fait suivant : si l’on ne participe pas, on peut donner son avis (poliment) mais on doit respecter le travail de ceux qui font avancer le projet (WordPress n’en serait pas là sans le travail colossal de nombreux contributeurs dans le monde, merci encore à eux).

Un faible nombre d’individus qui décident réellement

Autre point bloquant des projets informatiques : les grandes décisions sont prises par un nombre restreint de personnes. Ces dernières peuvent se tromper (l’erreur est humaine) ou encore avoir un point de vu erroné ou biaisé. Attention, je ne dis pas que c’est le cas, mais le risque existe.

D’un autre côté, un projet a besoin d’un leadership et d’un cap. Si tout le monde pouvait et devait donner son avis avant un changement, le projet WordPress n’avancerait jamais. Un bon projet Open Source a besoin d’un cap et d’une stratégie, et notre CMS n’échappe pas à la règle. En d’autres termes, c’est à la fois une force et un problème.

Conflits d’intérêts ?

Un autre point soulevé par certains membres de la communauté (moi le premier), c’est les conflits d’intérêts potentiels que cela implique. Avec peu de personnes décisionnaires, celles-ci peuvent influer sur les décisions afin de favoriser celles dont ils pourraient bénéficier. On peut donc se poser la question si les décisions principales sont faites en faveur ou non des autres activités des leaders de WordPress. On  peut aussi se poser la question inverse : peuvent-ils bloquer des décisions qui iraient à l’encontre de leurs activités, même si celles-ci seraient bénéfiques pour le projet ?

Attention cependant avec ce que je viens de dire : je ne dis pas qu’il y a conflit d’intérêt, mais juste que le risque existe.

On peut citer ici très facilement l’exemple de WordPress.org et Matt Mullenweg avec sa société d’Automattic (WooCommerce, JetPack, Gravatar, etc.). C’est aussi le cas de n’importe quel contributeur à WordPress : on peut l’être avec ou sans idée derrière la tête. Prenez Google récemment : s’ils s’investissent dans la communauté, croyez-moi qu’il y a toujours une arrière-pensée derrière. On peut d’ailleurs transposer ce problème dans la vie réelle avec par exemple les députés qui peuvent avoir des sociétés et qui peuvent vouloir modifier la loi pour en profiter (ou en tout cas anticiper des changements à venir).

Maintenant, soyons parfaitement honnêtes : il n’y a aucune solution qui permettrait de supprimer ces conflits d’intérêt potentiels, à moins de travailler dans un autre secteur d’activité quand on contribue soi-même à WordPress (autant dire que c’est loin d’être le cas, et c’est aussi très loin d’être faisable). Matt Mullenweg répond d’ailleurs à cette critique dans son dernier article sur WordPress 5.0. Dans le cadre de la version 5.0, je pense sincèrement que ce n’est pas le cas. Mais quand on voit qu’il doit répondre publiquement à cette critique, c’est qu’on a dû la lui faire régulièrement.

L’inertie du développement

Vouloir participer à un projet Open Source est une excellente chose. J’invite d’ailleurs tout le monde à contribuer, que vous soyez développeur, utilisateur, traducteur ou encore référenceur. Le problème, c’est de savoir comment participer, où commencer, ou même se dire « est-ce que l’on est légitime » pour contribuer au cœur de WordPress. Sur ce point-là, je le répète : vous pouvez TOUS participer.

Le souci, c’est qu’avec de tels projets, les outils mis en place ne sont pas forcément intuitifs. Rappelez-vous toujours que l’on n’a pas tous les mêmes compétences et expériences, et que nous n’avons pas forcément le temps de pouvoir regarder cela en détail. Sur ce point, la communauté WordPress fait des efforts, mais je pense sincèrement que l’on pourrait aller bien plus loin. Regardez par exemple l’interface austère de la gestion des tickets en cours de traitement :

Tickets WordPress
Une interface pensée pour les développeurs, pas pour les utilisateurs

En simplifiant et en expliquant mieux comment participer, il y aurait peut-être eu moins de retour sur la version 5.0 qui vient de sortir (ce qui est marrant dans ma phrase, c’est que je rentre dans le cadre du point précédent : ceux qui critiquent mais qui ne participent pas).

Par contre, un point bloquant qu’il faut noter mais qui ne pourra jamais être résolu, c’est l’inertie d’un tel projet. Pour le faire évoluer sans casser la rétrocompatibilité, il faut faire des choix et traiter les priorités. On peut ainsi soumettre des bugs ou des idées d’améliorations, et cela peut prendre des années avant que ces soumissions ne soient prises en compte. En voici un exemple avec une amélioration que l’on avait demandé à l’agence pour la gestion des flux RSS de WordPress, et qui aura mis près de 3 ans à être incorporé dans le cœur de WordPress..

Une décision n’est pas toujours idéale pour tout le monde

Autre point clé non spécifique à Gutenberg, c’est qu’une décision est censée convenir et profiter au plus grand nombre, mais pas à tous. Dans certains cas, on peut ainsi avoir une évolution qui va à l’encontre de nos intérêts personnels.

C’est notamment le cas des entreprises qui travaillent avec WordPress, et dont le rythme des mises à jour n’est pas forcément adapté. Prenez par exemple les gros sites utilisant ce CMS : une « simple » mise à jour nécessite des jours de travail : serveurs de développement, tests, recettage, déploiement. Gutenberg n’échappe pas à la règle, d’autant plus que cette mise à jour n’est absolument pas 100% rétro compatible avec les versions majeures précédentes de WordPress et le reste de l’écosystème.

D’ailleurs, le nouveau rythme souhaité pour les versions mineures est d’une mise à jour à minima tous les 15 jours, rythme insoutenable pour certaines structures.

Rythme des versions WordPress
Le rythme des versions de WordPress n’est pas toujours adapté

Ceux qui décident peuvent perdre leur motivation

Un projet ne va de l’avant qu’à une condition simple : il faut des personnes motivées pour le faire avancer. WordPress a une taille qui lui permet d’avoir constamment des contributeurs partout dans le monde pour le faire évoluer.

Mais cette motivation peut se perdre. Par exemple, la frustration engendrée par la version 5.0 a pu démotiver certains développeurs actifs (comme le leader de l’équipe accessibilité qui a démissionné). Mais cela peut arriver à n’importe qui, comme très récemment Matt Mullenweg qui a exprimé clairement sa perte de motivation concernant les aspects liés à l’accessibilité (je ne peux le blâmer, tout le monde peut se démotiver, surtout si l’on fait face à de nombreuses critiques) :

Matt Mullenweg demotivation
Tout le monde peut perdre sa motivation

Traduction : WordPress est attaqué bien plus souvent que les autres logiciels et services qui sont bien pires [en termes d’accessibilité]. Ces dernières semaines, j’ai perdu la majeure partie de ma motivation concernant ces problématiques, après avoir passé ma vie à les défendre.

Gutenberg est-il un bon choix ?

C’est la question : est-ce que la mise en place de Gutenberg est LA bonne stratégie pour l’avenir de WordPress ?

Je n’aurais pas la réponse à cette question, et personne ne l’aura jamais d’ailleurs. Quand on fait un choix stratégique en marketing, seul le temps nous dira si c’était une bonne solution. Et nous ne saurons jamais si c’était LA meilleure d’entre elles (une autre stratégie pourrait être meilleure).

Si vous écoutez tous ceux qui s’expriment sur le sujet, vous aurez des avis très divergents, basés sur leur propre expérience de Gutenberg, sur leur maîtrise de l’informatique et de WordPress et sur leur rapport avec le CMS (« je l’utilise ponctuellement, j’ai un blog, je travaille avec, etc. »).

Dois-je mettre à jour vers WP 5.0 ?

Non.

En tout cas, pas immédiatement. Il s’agit bien entendu d’un avis personnel qui est donné ici, mais il faut savoir que de très nombreux développeurs et utilisateurs ont le même, y compris parmi les plus connus d’entre eux :

J’aime particulièrement la vision de WPML :

Unless you’re missing an adrenaline shot, there’s no point in doing a major update right now

Traduction : à moins d’avoir envie d’un shoot d’adrénaline, il n’est pas utile de mettre à jour WordPress maintenant.

Cependant, cette assertion ne sera vraie que pendant quelques temps. D’ici quelques semaines, la plupart des extensions et thèmes se seront théoriquement adaptés, et les utilisateurs et développeurs auront appris à utiliser ce nouvel éditeur.

Notre avis sur Gutenberg

Un avis mitigé

A titre personnel, nous estimons que le nouvel éditeur est une bonne chose pour l’avenir du CMS. Le fait d’uniformiser certains pans entiers de l’interface d’administration de WordPress ne pourra qu’être bénéfique pour l’utilisateur.

Comme indiqué, le vrai problème avec la version 5.0 de WordPress, ce n’est pas ce qu’elle apporte, mais bel et bien la manière dont elle a été mise en place.

D’un point de vue purement référencement naturel, Gutenberg devrait à terme nous permettre de créer bien plus facilement des contenus enrichis et optimisés pour une meilleure visibilité dans les moteurs de recherche. C’est donc une excellente nouvelle.  Nous ne sommes d’ailleurs pas les seul à le penser, Yoast est aussi excité que nous sur ce sujet.

Et vous, que faites-vous pour WordPress ?

La critique est toujours constructive. Elle ne fait pas toujours plaisir à entendre mais elle permet de faire avancer et de faire évoluer un projet pour le plus grand nombre. Et j’espère que cet article sera bien perçu en ce sens.

Mais critiquer n’est qu’une étape, il faut ensuite participer (dans la limite de son temps, de sa motivation et de ses domaines d’expertises). Ce que je vous incite tous à faire ici, c’est justement de mettre le pied à l’étrier. Nous pouvons tous contribuer au projet WordPress et à son écosystème, et ceci de plein de façons différentes :

  • soumettre des bugs ou idées d’amélioration ;
  • proposer des patchs ;
  • créer des extensions ou des thèmes ;
  • devenir conférencier ;
  • proposer et/ou améliorer des traductions ;
  • créer un évènement (Meetup, WordCamp, etc.) ;
  • Écrire des articles ;
  • Participer aux échanges, sur Twitter, sur Slack, sur le forum de WPFR ou ailleurs ;
  • Etc.

Regardez notamment cette excellente conférence de JB Audras qui en parle : « Comment contribuer au cœur de WordPress » !

Autres sources non citées dans l’article :

PS : cet article a été rédigé sans Gutenberg ^^

PS2 : et vive WordPress !

Daniel Roch

Fondateur, conférencier, auteur, consultant et expert SEO WordPress

21 Commentaires

Alex Le 18 décembre 2018 à 13h11

Excellent article une nouvelle fois. Je serais par contre plus radical dans la conclusion. Je pense que Gutenberg est un accident de parcours et n’aurait jamais du être déployé. Un rétropédalage de l’équipe WordPress voir un abandon du nouvel éditeur dans les prochaines semaines ne me surprendrait pas, pour repartir sur un nouveau projet mieux pensé et partagé. Il n’y a qu’à voir le succès de Classic Editor qui est devenu en quelques jours le plugin le plus téléchargé pour comprendre l’ampleur du rejet de Gutenberg.

pierreda Le 18 décembre 2018 à 14h19

Tout à fait d’accord !
Pour avoir utilisé WP 5.0 et 5.01 en environnement ne test … je ne migrerai pas en environnement de production avant longtemps !
Même l’éditeur (extension) « classic editor » est « buggué » : la taille des photos dans le corps d’un article est modifiée par exemple ! … C’est donc Gutenberg ou rien !
… investissement en temps pour maitriser Gutenberg … mais aussi ses évolutions … annoncées … et vers quoi ?
Risques d’incompatibilités immédiates ou futures avec les thèmes et extensions … beaucoup de risques à affronter, et je le crains pour certains, peu d’enthousiasme à migrer vers 5.0 et au delà !
A moins de partir de zéro, le choix est compliqué !
Mais ce n’est qu’un avis personnel qui n’engage que moi !

éric Le 18 décembre 2018 à 14h46

L’ancien éditeur est maintenu jusqu’en 2022 (a minima). Pas de raison de paniquer donc mais la transition ne va pas être simple pour les non-professionnels.

Merci pour ce brillant exposé.

Jean-Claude Samson Le 18 décembre 2018 à 15h02

Bonjour,
Une nouvelle information autour de ce nouveau projet Gutenberg qui voit le jour.
C’est une bonne chose de discuter et de s’informer.
Tout projet et tout changement d’habitude font peur ! MAIS il faut suivre les évolutions technologiques.
Pour moi, il n’est pas utile de se mettre à jour de suite. Laissons faire les tests grandeur nature avec les correctifs qui vont suivre. Par contre, il faut anticiper ces changements: les prendre en considération, les analyser et les mettre en place ou pas en fonction de ses propres choix.
Cela me rappelle les évolutions entre Windows 7 et Windows 10 avec les désordres de Windows 8 !
WordPress est un formidable outil que j’utilise ainsi que Windows 10.
Bel article,
Bien à vous,

Benjamin L. Le 18 décembre 2018 à 16h04

Merci pour cet article très bien articulé et pondéré (ça fait du bien). Mon expérience personnelle est très mitigée sur les derniers mois.
Bien sûr, il existait des failles dans les prises de décision du projet WordPress (je prends souvent l’exemple du multilinguisme qu’il n’a jamais été question d’intégrer dans le cœur – oui je sais ça va être le cas semble-t-il).
Comme toi, j’ai été parfois sidéré du chaos en matière de gestion de projet. C’est quelque chose que j’ai vécu plusieurs fois et souvent, ça témoigne d’une crise de croissance avec une organisation qui n’arrive pas à s’adapter. Je pense que c’est le cas ici. Nous devons assumer les 32% et donc nous adapter. Je trouve les propositions de Morten Rand-Hendriksen excellentes en la matière.
L’erreur originelle a été de nier qu’il y avait un très sérieux problème de gestion du changement. Quelle différence avec la manière dont certains géants de la tech (ce qu’est WordPress au final) gèrent leurs évolutions ! Cette négation a pris la forme de moqueries sur l’incapacité à accepter le changement. Dommage… et inefficace.
Une des adaptations nécessaires est un processus clair et transparent sur la prise de décision en matière de fonctionnalités, de mises à jour… et surtout un processus qui tient compte de la taille et l’importance de WordPress pour le web. Il existe des pratiques pour écarter et gérer les conflits d’intérêts supposés (sinon elles feraient comment les démocraties ou les entreprise’s mmmh ?).
La dernière chose est le choix de React. À bien des égards, ce choix a préfiguré le chaos qui a suivi :-\ Il y a là un changement majeur de philosophie car WordPress perd son accessibilité technique. On ne s’en rend pas compte, mais ça a été un vrai plus de ce CMS. (Et oui je trouve triste que certains et certaines se réjouissent que les bidouilleurs soient enfin éjectés du jeu. On a tous été bidouilleurs un jour. Il y a tellement de gens qui ont pu s’exprimer grâce à cette accessibilité.)
Maintenant Gutenberg va faire son chemin et rencontrer le succès je pense. Tant mieux pour WordPress comme solution. La communauté s’adaptera sans aucun doute et recollera les morceaux.

Romuald Paris Le 18 décembre 2018 à 16h12

Est ce que votre site a évolué vers WordPress 5.0 ? ou attendez-vous ? et pourquoi ?

    Daniel Roch Le 18 décembre 2018 à 16h13

    SeoMix est déjà sur WordPress 5.0, mais avec Gutenberg désactivé pour le moment (trop instable avec ACF notamment).

Christophe Le 18 décembre 2018 à 19h56

+++ super article comme toujours ;)

Sinon, ouaip c’est un peu comme les upgrade de Prestashop, le mieux est d’attendre 6 bons mois que le truc soit testé grandeur nature quoi…

Sinon est-il possible d’installer la V5 de WordPress sans Gutenberg car j’ai entendu des trucs assez contradictoires à ce sujet ? WordPress embarque Guntenberg désormais ou est-ce toujours un plugin ?

Merci

Li-An Le 19 décembre 2018 à 0h14

Bonjour, un article complet mais à mon avis la conclusion est fausse : ce n’est pas la manière donc Gutenberg est arrivée mais bien la complexité qu’il apporte dans la création de contenu. On croirait un discours politique : « les gens ne comprennent pas nos choix mais c’est juste parce que l’on a manqué de pédagogie ». Les choix peuvent être mauvais sans que la pédagogie ait quelque chose à voir là-dedans. Mais je suis d’accord pour penser que seul l’avenir nous dira si Gutenberg était un bon choix ou une fausse bonne idée – rappelons que des gens à la pointe de l’informatique considèrent WP comme un truc lourdingue à la technologie dépassée et au code trop ancien.

Luc Le 19 décembre 2018 à 9h05

Merci pour ce très bon récapitulatif de la situation ! Il a le mérite de bien présenter l’envers du décor et d’expliquer pourquoi et comment on en est là.
Personnellement, je pense que cette évolution est un bon choix pour la pérennité de WordPress. Le problème du projet est surtout la méthode, comme tu le dis.

Si jamais JB est aussi intervenu à Paris Web cette année, sur la participation aux projets open source : https://www.paris-web.fr/2018/conferences/se-construire-en-construisant-lopen-source.php (je fais un peu d’auto-promo – étant dans le staff – mais sa conf est top)

@Alex : le grand nombre de téléchargements de l’éditeur classique ne signifie pas forcément qu’il y a un rejet. Personnellement, je vais l’installer sur tous les sites que je passe en WP 5.x parce que Gutenberg n’est tout simplement pas assez mûr et je préfère prendre le temps, surtout quand on voit que des gros acteurs (ACF, Yoast…) conseillent d’attendre.
Je pense qu’il y a beaucoup de gens dans ce cas aussi. :-)

Evolyon Le 19 décembre 2018 à 10h23

Bonjour et merci pour votre analyse de Gutenberg.
Je partage globalement votre avis et ne peux qu’être d’accord sur le fait que WordPress, et son éditeur de contenu, ne pouvaient qu’évoluer. Surtout si l’on met en perspective l’avance prise par les plugins spécialisés tels que VC, Elementor, etc. Des bugs ? oui Gutenberg en est truffé pour le moment… Comme tout logiciel qui sort sur le marché. Le seul réel point négatif de Gutenberg réside effectivement dans la méthode et la manière dont cette nouveauté a été présentée au public. C’est ce qui a du provoquer ce rejet immédiat d’une partie de la communauté. Sans doute Gutenberg est sorti trop tôt, et de façon trop radicale… Même si sur ce point, facile d’être critique quand on est un simple observateur ou utilisateur. Je reste positif et attends surtout les prochains correctifs pour le tester sérieusement et comparer les résultats.

Mathieu Le 21 décembre 2018 à 14h33

L’adaptation a été un peu difficile de mon coté.
J’ai du batailler sur l’intégration des « custom taxonomy » qui ne passait pas bien. Cela a d’ailleurs été l’occasion de participer en postant sur le forum de wordpress pour signaler le bug. Et ensuite « pousser » pour que ces taxonomy soient affichées par ordre alphabétique et pas selon leur fréquence d’utilisation.
Une façon plutôt pédagogique d’appréhender la complexité du bouzin. :-)
Et effectivement, en tant que chef de projet, je connais toutes les difficultés liées à ce type de projets lourds et complexes comme souligné dans l’article.
J’espère que tout ça va se tasser et que gutemberg sera pérenne.

Yann Le 23 décembre 2018 à 10h52

Excellent article très fouillé. Il y a aussi une question de perspective : il n’y pas que des développeurs dans une communauté comme celle-là. Il y a aussi les utilisateurs avancés (j’en fais partie) qui ne sont pas des développeurs et les utilisateurs basiques (qui sont nos clients) et qui se battent déjà tant bien que mal avec les ancienne versions. J’ai plusieurs blogs dont un sur WordPress.com qui bénéfice donc de la nouvelle interface, ce qui me permet de m’habituer comme je peux à la nouvelle I/F mais le résultat est délirant pour nous : sur un petit post avec 3 images et quelques lignes de contenu, je compte facilement 3 à 4 fois plus de temps pour réaliser la même chose que ce que je faisais avant. En dehors du changement de philosophie, cela ne nous apporte rien en tant que producteurs de contenus (c’est mon job) et au contraire, cela va nous coûter beaucoup de marge car la durée d’écriture va se rallonger énormément. En fait, le changement de philosophie que vous décrivez c’est ni plus ni moins que WordPress qui cesse de devenir un CMS de blogs pour essayer de singer les CMS plus puissants sans pour autant y arriver. J’ai développé avec mes équipes il y a plus de 5 ans des usines à sites hyper puissantes sur eZ qui existent encore et supportent des millions de visiteurs. Je ne ferais pas ça avec WordPress si je devais le refaire aujourd’hui. Par contre je n’aurais jamais conseillé autre chose pour un blog ou un site de contenu thématique, mais maintenant je vais sans doute être un peu plus prudent.

Kader Defbond Le 23 décembre 2018 à 22h33

Moi, je ne fais pas grand chose pour WordPress. Je suis un simple blogueur qui utilise ce CMS et il me convient parfaitement. À l’heure actuelle, j’utilise l’éditeur Gutenberg que j’apprécie beaucoup et j’en suis déjà un fan. Je trouve qu’il est assez facile à prendre en main malgré ses nombreuses options. Je dois le souligner, mais il m’aide vachement pour la rédaction de mes articles. J’arrive peu à peu à le prendre en main. Je trouve également que c’est une nouvelle approche pour l’édition comme pour la mise en pages avec ce système de bloc qui je le pense, clarifie les articles et on s’y retrouve mieux. Mon retour pour Gutenberg est très positif et d’ailleurs, je conseille de l’utiliser, car il fera parti des nouvelles versions de WordPress et l’éditeur classique, prendra fin pour 2021. Autant s’y prendre maintenant :)

Julien Maury Le 25 décembre 2018 à 17h33

Hello,

Merci pour cet article.

Mais je tiens à préciser que mon article rend compte d’une migration complexe avec un plugin existant, des post meta (existantes) en pagaille et donc sur le comment intégrer une interface viable pour quelque chose qui n’est pas du contenu direct donc pas un bloc.

Je ne suis pas d’accord avec le terme « frustration », ce n’est pas du tout ce que j’ai voulu exprimer. Le plus important étant ce qu’on a fait pour surmonter les difficultés, bien plus que les difficultés elles-mêmes. Bien au contraire, cela m’a redonner la pêche et plein d’idées, je remercie les core dévs de nous tirer ainsi vers le haut.

Cependant on ne peut pas négliger les points faibles techniques de Gutenberg et les retours de la communauté et si ceux qui se targuent de développer des plugins, des thèmes, etc nous disent que tout va bien, hyper facile alors à ce moment-là on va dans le mur parce que c’est le meilleur moyen de frustrer tout le monde.

Eric.Wilson @MoonMarketing Le 05 janvier 2019 à 20h01

Salut Daniel
Excellent post. Très utile en cette période … Je suis très critique avec ce plugin mis en vigueur dans le coeur de WP.

Mais à ce stade, il vous suffit de l’utiliser, et ce post est vraiment intéressant.

Je le mets dans les favoris et je le partage.

Je vous remercie beaucoup

Eric Wilson

Eric Le 07 janvier 2019 à 17h10

WordPress j’ai laissé tomber. Marre des bugs, des mises jours qui plantent, des plugin qui font planter etc…
Maintenant j’utilise GRAV CMS au combien plus facile à maintenir. Le concept sans bas de données est une pure merveille. J’ai adopté pour tous mes clients.

Etienne N. Le 13 janvier 2019 à 19h51

Personnellement, l’idée de ne plus avoir de maîtrise directe du code me rend méfiant, car elle implique à terme une dépendance. Et qui dit dépendant dit vulnérabilité. Un peu comme pour les voitures : autrefois, vous pouviez les réparer avec une clé de 13 et un bout de fil de fer, aujourd’hui il faut la valise électronique du garage. Un peu comme pour les bulletins de paye : autrefois, on pouvait les faire soi-même, maintenant c’est impossible, vous devez en charger un cabinet comptable. Un peu comme vos données personnelles : autrefois, on avait des dossiers bien rangés dans son bureau, maintenant tout est sur des serveurs on the cloud, et plus personne ne sait qui est responsable de quoi.

Techniquement, je n’étais déjà pas fan de Visual Composer : lourd à utiliser, et produisant plus de code et/ou de requêtes que nécessaire. Et bonjour la rétro-compatibilité…

A l’usage, Gutemberg est un peu déconcertant, du moins pour ce qui est de mon avis personnel, et il me fait plutôt perdre du temps. L’idée d’avoir un wysiwyg immédiat est séduisante, peut-être, mais ne concerne pas tellement les « vieux » utilisateurs de WP, ou ceux qui n’ont pas besoin de pages en arbre de Noel. Pour ce qui est de nos clients, adeptes de simplicité, je m’attends à des retours pas très positifs. Peut-être sera-t-il apprécié des newbies ? Mais globalement, les commentaires sur la page du plugin sont très négatifs https://wordpress.org/support/plugin/gutenberg/reviews

La moindre des choses aurait été, à mon sens, de conserver l’éditeur classique dans le coeur de WP, et de ne faire de Gutemberg qu’une option, au lieu de le rendre quasiment obligatoire.

L’idée d’aller chasser sur les terres de Wix est peut-être une bonne idée, je n’en sais rien, mais c’est y aller avec WP qui est à mon avis une mauvaise idée. Il y a de la place pour tout le monde sous le soleil, celle de WP et celle de Wix.

Pour ma part, j’espère que l’équipe de WP redonnera toute sa place à l’éditeur classique (bonjour les articles qui auront été écrits sous Gutemberg et qu’il faudra contrôler, voire corriger…). En attendant, je surveille d’un oeil attentif le fork Classic Press…

Thierry MIJSOOT Le 21 janvier 2019 à 17h02

Bonjour à tous et merci pour cet article !

Perso j’ai testé Gutenberg il y a plus de 2 mois et malheureusement il était rempli de bugs …. Et de manque ce qui est encore plus terrible.

Je me rappel d’un site que j’ai développé il y a fort longtemps (15 ans à peu près …) et j’avais fait mon propre éditeur WYSIWYG (si si, je vous assure) avec des fonctionnalités assez classique, et le but était justement de fusionner la mise en page réelle du site et l’éditeur WYSIWYG.
C’est exactement la philosophie de Gutenberg et je la comprends. Mais ce que je ne comprends pas c’est pourquoi ne pas laisser plus la main au développeur?

C’est tout à fait légitime de vouloir faciliter au maximum le travail d’un utilisateur classique mais « la liberté des uns ne vient pas au détriment de celle des autres ». Surtout que Gutenberg est loin d’être complet.

De plus, il va encore un peu plus uniformiser le design du Web … C’est triste …

Bon sinon, on a encore 3 ans (voir plus) à priori pour s’y faire ou faire son choix d’aller voir ailleurs : https://wordpress.org/plugins/classic-editor/

Olivier F. Le 25 janvier 2019 à 19h42

est-ce que Gutenberg ne vient pas finalement dans le prolongement du projet Calypso, à savoir une plus grande utilisation du JavaScript new-school dans la conception du CMS ? et que cela initie une mutation encore plus profonde du coeur même du logiciel (réputé pour être daté) dans les années à venir ?

    Daniel Roch Le 26 janvier 2019 à 19h03

    Oui et non : pour le moment, ils ne prévoient pas de basculer toute l’interface de WordPress en full JS, mais le JavaScript prendra de plus en plus d’importance dans les années à venir

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