Cette question, je l’ai souvent entendue :

Dis, c’est quoi les meilleurs thèmes WordPress ?

Cette phrase, je l’ai eu un nombre incalculable de fois, avec parfois des variantes sur les meilleurs thèmes en SEO/ergonomie/performances/… Il était donc temps de faire un tour d’horizon de la bonne façon de choisir un thème WordPress.

Il n’existe pas de thème 100% optimisé

C’est la règle d’or : quel que soit le thème que vous allez utiliser, il y aura toujours du travail à faire dessus. Il n’existe aucun thème prêt à l’emploi entièrement optimisé, et aucun thème ne sera jamais parfaitement adapté à vos besoins et ceux de vos clients. Ne cherchez donc pas la perle rare : elle n’existe pas.

D’ailleurs, et je le redirai plus bas, le meilleur thème est celui que l’on conçoit de A à Z, pas un thème gratuit ou payant que l’on télécharge et adapte.

Au-delà de toute considération SEO ou de performances, le simple fait de partir sur un thème payant ou gratuit est mauvais au niveau marketing : votre charte graphique sera dupliquée ailleurs sur le web, et vous n’aurez donc pas une identité unique sur Internet. Franchement, vous imaginez Ikea, Coca Cola ou encore le site de l’Élysée avec un thème premium acheté 50 dollars… ?

Définir vos besoins

C’est le premier point par lequel commencer. Posez-vous la question suivante :

Quels sont mes besoins et ceux de mon client par rapport au site Internet que je veux créer ?

Toute votre analyse des thèmes devra prendre cette question en compte de manière transversale : ne prenez donc jamais un thème qui ne répond pas à vos besoins (je sais, c’est la base, mais certains ne respectent même pas cette condition car ils trouvent le thème joli/sexy/banquable/…).

Le design

Chaque site, chaque client, chaque marché est unique. Une charte graphique ne s’invente pas et est propre à chacun. Il est ainsi très peu probable de trouver un thème dont l’aspect visuel soit d’ores et déjà adapté à celui de l’entreprise ou organisation concernée.

Il faudra donc toujours retravailler le thème que l’on a téléchargé ou acheté pour que celui-ci soit parfaitement adapté à vos besoins et à votre marché. Penser que l’on peut acheter un thème à 50 dollars sans devoir le retoucher est tout simplement une utopie (ou une faute professionnelle, à vous de voir).

Pour le reste, le design est une affaire de goût : à vous de trouver ce qui vous plaît ou ce qui plaît à votre client.

Ne pas confondre avec ergonomie

L’ergonomie est souvent confondue avec le design. Un « beau » site Internet donnera de base de la satisfaction à l’utilisateur. Mais s’il n’est pas accessible, utilisable et ergonomique, vous ferez fuir les visiteurs. Lorsque l’on choisit un thème WordPress, il faut donc se poser une autre question simple :

Ce thème WordPress est-il ergonomique ?

En d’autres termes, est-ce que l’ensemble de mes clients, visiteurs et prospects pourront-ils l’utiliser correctement et facilement ? Pensez d’ailleurs à vous demander cela sur chaque type de page et de contenu (accueil, article, page, catégorie…), et cela pour chaque typologie de clients (homme/femme, tranche d’âge, CSP…).

Thème WordPress
L’ergonomie doit passer avant le design

Bien souvent, on aura tendance à éliminer des thèmes au design novateur ou originaux qui souvent vont proposer une mauvaise expérience utilisateur.

Fonctionnalités, contenus et problématiques liées

Non à l’intégration des fonctionnalités et contenus

Vient ensuite l’erreur du débutant (cela nous est tous arrivé) : choisir un thème en regardant ses fonctionnalités :

C’est chouette, le site gère déjà pour moi les biens immobiliers/fiches produit/recettes de cuisine/…, et il me permet d’envoyer des e-mails automatiques, de gérer mon portefeuille client, et il fait même le café…

Ce que je veux dire par là est très simple : il ne faut JAMAIS choisir un thème en se basant sur les fonctionnalités qu’il propose. D’ailleurs, un thème ne devrait jamais fournir une gestion de contenus et des fonctionnalités avancées interne.

Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement car cela vous force à devoir utiliser presque ad vitam eternam ce thème, car en changer reviendrait à perdre l’ensemble des contenus déjà publiés. Retenez une différence simple :

  • le thème gère l’aspect design (et une partie de l’ergonomie) ;
  • les plugins gèrent les contenus et les fonctionnalités.

Il est toujours préférable de séparer les deux. Les thèmes à tout faire doivent donc être bannis (ce qui correspond donc presque à chaque fois aux best-sellers de toutes les plateformes de thèmes premium).

Parfois, certains sont intelligents et séparent leur partie design de leur partie contenu, en proposant soit leurs propres plugins de manière indépendante, soit des plugins qu’ils jugent pertinents dans ceux de la communauté. Malheureusement, c’est assez rare.

Ne jamais inclure de plugins tiers

Fuyez aussi les thèmes qui vous offrent et qui incluent des plugins tiers payants. La raison en est simple : vous n’aurez pas acheté la licence de ces plugins tiers, et vous ne verrez donc pas leurs mises à jour (et le support qui va avec).

Lisez par exemple à ce sujet ce retour d’expérience de Fabrice Ducarme : « piraté à l’insu de mon plein gré« .

Les mauvaises pratiques

La langue

Les thèmes sont en grande majorité en anglais. Le problème, c’est que la plupart des créateurs de thèmes n’anticipent pas et ne prévoient pas la traduction. Il existe pourtant tout un tas de fonctions disponibles pour le développeur pour que son thème puisse être facilement traduit et adapté dans n’importe quelle langue.

Pire encore, il y a des éléments communs à tous les thèmes, comme par exemple les phrases « X commentaires », qui sont traduits de base dans le cœur même de WordPress. Pour ces contenus-là, le développeur n’a aucune excuse. En 2014, il est aberrant de trouver dans un thème des textes non traduits pour l’utilisateur. Je ne vise personne, mais je trouve très souvent des sites avec des textes du type « Related post », y compris sur des sites Internet d’agence web ou de freelances français…

Vous devez donc vous assurer que le thème que vous voulez acheter sera bien traduit. D’ailleurs, je vous conseille de lire les articles de FxBenard, ils valent le détour sur ce sujet ;).

Fuyez les shortcodes et les « visual composer »

Autre élément si vous avez la possibilité de voir comment il fonctionne : fuyez de base tous les thèmes basés sur les shortcodes. Pour ceux qui ne savent pas ce que c’est, il s’agit de balises entre crochets qui vont générer différents effets, comme afficher des colonnes, des articles récents ou encore un bouton :

[je suis un super shortcode qui déchire]

Les shortcodes sont à éviter dans les thèmes, car tout ou partie de votre contenu sera géré avec.

Je ne dis pas qu’ils sont mauvais en soi, mais une sur-utilisation de cette fonctionnalité va provoquer de nombreux problèmes. Vous risquez d’être obligé de continuer à utiliser ce thème pour que vos contenus soient conservés. Pire encore, les publications entièrement gérées ainsi rendent inopérant certaines fonctionnalités et plugins de WordPress. Par exemple, avec des contenus entièrement à base de shortcodes, WordPress et Yoast deviennent incapables de générer un extrait de vos contenus, et vous vous retrouvez par exemple sans balise méta description et un flux RSS vide.

Et si j’inclue ici les Visual Composer, c’est qu’ils fonctionnent pour une grande majorité avec des shortcodes. Là encore, si vous ne savez pas ce que c’est, il s’agit de plugins qui vont vous donner accès à une interface différente pour gérer vos contenus. Plus « ergonomiques » que l’interface de base de WordPress, ces extensions vont trop souvent générer une soupe de code, ou utiliser trop de shortcodes.

Le respect des standards de WordPress

Ce point-là est très logique : est-ce que le thème respecte les standards de WordPress ? C’est la base pour être sûr que n’importe quel plugin (de référencement, de performance…) puisse se greffer dessus sans aucune contrainte.

Le hic, c’est que bien souvent ce n’est qu’après avoir acheté le thème que l’on peut savoir si oui ou non il respecte les standards de WordPress, notamment :

  • en l’activant sur un site de développement et en activant le debug à true : normalement, aucun message d’erreur ne devrait s’afficher ;
  • en utilisant des plugins qui vont tester le code de vos thèmes. J’aime beaucoup par exemple Theme Check ;
  • en regardant le code source du thème et son arborescence. En règle générale, je fuis les thèmes dans lesquels je vois des répertoires comme « inc », « framework », « includes »…

Je rêve de voir un jour ou une plateforme de thème aura un système de notation fiable qui prenne en compte le respect des standards de WordPress (oui, j’aime le monde des Bisounours, et je le revendique).

Attention à ce qui peut vous induire en erreur

Rappelez-vous, il est très dur de pouvoir évaluer un thème quand vous n’avez pas son archive zip pour le tester par vous-même. La raison à cela est simple : WordPress et/ou des plugins vont vous induire en erreur.

Avada : un exemple de thème WordPress
Le rendu d’un thème premium comme celui-ci peut être aussi modifié par vos contenus, WordPress ou un plugin

Par exemple, quand vous regardez la démo d’un thème, le développeur a utilisé une combinaison bien précise de réglages de base, de plugins et de contenus. Les conséquences sont simples :

  • vous pouvez voir un bug ou une mauvaise optimisation, alors que cela provient d’un réglage du CMS, d’un plugin ou du rédacteur ;
  • vous pouvez ne détecter aucun problème, alors que sur votre site avec vos réglages et plugins, certains bugs apparaîtront.

Choisir un thème : ce qu’il faut vérifier

Si vous avez tout lu jusqu’ici, mon article ne vous aura pas vraiment aidé à choisir un thème. Il y a quand même une liste de critères que je vérifie à chaque fois. Attention cependant, vos conclusions sur chaque élément doivent être prises avec recul, car d’autres éléments peuvent fausser le rendu d’un thème (cf. paragraphe précédent).

Voici ce que fais dans tous les cas :

  1. Je teste le thème sans Javascript activé : je dois ainsi pouvoir tout utiliser, et chaque contenu doit bien avoir une URL unique ;
  2. Pour les thèmes en Ajax ou One Page, je vérifie lorsque le Javascript est activé que chaque changement de contenu provoque bien une modification de l’URL dans mon navigateur (comme sur wabeo.fr) ;
  3. Si je peux installer le thème, je vérifie qu’il n’a pas besoin de manière obligatoire de plugins tiers ;
  4. Toujours dans le cas où je peux l’installer, je vérifie aussi que l’administration ne devienne pas un sapin de Noël (j’aime les cadeaux de fin d’année, mais il ne faut pas déconner non plus) ;
  5. Les contenus et fonctionnalités spécifiques sont gérées par des plugins, et surtout pas par le thème ;
  6. Le thème est adapté à vos besoins et est le plus proche de votre charte graphique initiale ;
  7. Le thème propose un système de pagination plus abouti que les simples « articles précédents – articles suivants » ;
  8. Le thème est déjà traduit en français, ou alors il utilise le système de traduction de WordPress avec les fichiers .mo et .po ;
  9. Les pages auteurs permettent d’avoir un réel contenu sur l’auteur, et pas uniquement ses derniers articles ;
  10. Le thème ne provoque pas de duplications de liens ou de contenus inutiles : par exemple, est-il utile d’avoir dans une catégorie un lien vers la catégorie pour chaque article affiché ? ;
  11. Le thème a un temps de chargement convenable (mais sachez que vous devrez utiliser de toute manière un plugin de cache, comme WP Rocket par exemple) ;
  12. Le thème est obligatoirement « responsive » (on est en 2014 je vous le rappelle).

N’hésitez d’ailleurs pas à contacter le créateur d’un thème avant de l’acheter. Il pourra normalement répondre à vos différentes questions.

La meilleure solution

Théoriquement, avec cette première liste vous aurez une bonne base de travail. Mais sachez que la meilleure solution est TOUJOURS de créer un thème sur mesure, parfaitement optimisé et surtout parfaitement adapté à vos besoins.

Et vous, vous choisissez comment un thème WordPress ?