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Duplication des liens et ancres en référencement naturelCeux qui travaillent dans le SEO le savent bien : sans liens, aucun référencement n’est possible.

Dans ce test, je me suis posé la question : comment Google considère la duplication d’un même lien dans une page ? Va t-il tous les prendre en compte ? Et si non, peut-on contourner ce problème ?

Pourquoi tester la duplication des liens ?

Quel que soit le site Internet sur lequel on travaille, c’est un problème récurrent. Dans un souci d’ergonomie et d’expérience utilisateur, nous dupliquons fréquemment un même lien dans une même page, parfois sans s’en rendre compte. On retrouve ainsi plusieurs fois le même lien dans certains éléments :

  • Le menu
  • Le contenu de la page
  • Une sidebar
  • Des informations complémentaires sur l’article
  • Le footer

Deux exemples :

  • Dans un article WordPress, on va retrouver le lien de la catégorie au minimum deux fois (dans le menu et dans un bloc d’informations sur le contenu).
  • On va aussi dupliquer en 1ère page le lien vers les articles récents (dans le corps de la page et dans le bloc « Article récent« ).

Et les exemples comme ceux-ci sont nombreux. Même si on peut éviter une partie de ces doublons comme je l’explique dans l’article sur la duplication de contenu, elle est parfois inévitable. Dans ce test, j’ai donc voulu mettre en avant la façon dont un moteur de recherche va considérer les différentes duplications de liens dans une page, et les moyens de contourner les limitations de Google en la matière.

Méthodologie de test

Le test a débuté le 20 janvier 2011 dans mon laboratoire SEO. Dans celui-ci, j’ai créé volontairement une page A contenant des liens en doublon pointant vers une pages B : test de duplication des liens

Cet article a été publié sur une bonne dizaine de digglikes, ainsi que sur plusieurs sites personnels pour forcer l’indexation de ce contenu.

Pour vérifier si Google prend bien compte chaque type de lien, j’ai changé les intitulés de chaque ancre avec des termes inconnus du moteur de recherche. J’ai donc placé ces liens qui pointent vers la page B:

  • Un lien « zibrovagionatimon« 
  • Un lien « colmineruvaxor » (l’url de destination est identique)
  • Un lien « okominasceri » (avec une ancre # qui dirige vers une partie existante de la page B)
  • Un lien « foumderaqitemioy » (avec une ancre # qui dirige vers une partie non existante de la page B)
  • Un lien « trolamijtimonux » (avec l’utilisation du ? au lieu du #)
  • Un lien « okjirasame » (vers une page C avec redirection 301 vers la page B)
  • Un lien « firmactoniresa » (vers une page D avec redirection 302 vers la page B)
  • Un lien « romunustudiw » (vers une page E possédant une balise canonical vers la page B)
  • Un lien « contenu 1 » (en ajax avec l’utilisation d’une ancre !#)
  • Un lien « contenu 2 » (en ajax avec l’utilisation d’une ancre #)

Je pense avoir fait le tour de tous les types de liens qui peuvent être présents dans une page, excepté les liens javascripts (contenu dans une balise button par exemple) ainsi que les liens flash ou java. Mais le but était surtout d’étudier les différences entres différents liens html « a href » dans une même page.

Concernant les deux liens en Ajax, ceux-ci feront l’objet d’un autre article puisqu’ils complèteront un second test sur l’indexation de ce type de contenus.

Pour vérifier l’indexation de chaque lien, une simple requête avec l’ancre utilisée sur  Google m’a permis de savoir comment le moteur les interprète. Théoriquement, si chacun d’entre eux est pris en compte, je devrais trouver 2 résultats : un avec la page A (qui contient le lien), et un autre avec la page B ciblée par le lien, comme ici :

Test SEO sur la duplication des liens dans Google
Test SEO sur la duplication des liens dans Google

Ancres multiples et référencement

Google et la duplication de liens

Une image valant mille mots pour expliquer un concept SEO, voici comment Google considère ces liens multiples dans une même page :

Duplications des liens et ancres avec Google
Duplications des liens et des ancres avec Google

Comme prévu, le moteur de recherche prend en compte le premier lien vers une page, mais occulte complètement le second puisque l’adresse utilisée est identique. Grâce aux ancres contenues dans les URLs, on peut dépasser cette contrainte en permettant à Google d’indexer et d’utiliser plus d’un lien vers une une même page. On peut ainsi

  • utiliser une ancre # qui existe vraiment
  • utiliser une ancre # qui n’existe pas
  • utiliser un paramètre ?
Ancres multiples
Le changement d'ancre permet de dupliquer les liens

Pas de surprise non plus : la redirection 301 est prise en compte pour le référencement naturel. Rien de neuf sous le soleil donc… J’avoue avoir été supris par la redirection 302 qui semble aussi être utilisée par Google (même si celle-ci a mis 3 semaines de plus avant d’apparaître dans les résultats).

La redirection 301 est meilleure car elle a été plus rapide à être indexée, mais surtout parce que normalement elle est censé transmettre la majorité de la popularité de la page, contrairement à la 302 qui théoriquement n’en transmets pas…

Pour finir, le lien vers une page E qui elle-même possède une balise Canonical vers une page A ne transmet pas la valeur de l’ancre à la page A. Autrement dit, vouloir pallier du contenu dupliqué avec les balises canonical vous fera perdre une partie des liens pointant vers les urls dupliquées.

Et yahoo et Bing ?

Même si je sais que l’intérêt en France est extrêmement limité, j’ai aussi jeté un œil au comportement des deux concurrents de Google.

En ce qui concerne Yahoo, le résultat est sans appel . Lorsqu’un lien est dupliqué, il ne prend en compte que le premier en référencement naturel, quelle que soit la méthode utilisée (ancre, redirection, …). Autrement dit, je n’obtiens qu’un seul résultat positif sur « zibrovagionatimon ».

Bing renvoi quant à lui les mêmes résultats, ce qui est logique ici aussi, puisque les deux firmes ont signé un partenariat sur les résultats de leurs moteurs respectifs.

Comment contourner la limite imposée au 2ème lien ?

Si vous visez un bon positionnement dans Yahoo et Bing, il n’y a pas 36 solutions. Il faut un seul lien identique par page, sans aucune duplication, puisque les liens suivant ne serviront à rien.

Pour Google, rien de plus simple que d’utiliser les ancres #, même en créant des liens vers des zones inexistantes de votre page cible. On peut ainsi renforcer le poids donné à une page, toute en variant les ancres.

D’ailleurs, les ancres servent à Google pour diviser une page en zones contenus différents. Par exemple, si l’on fait une recherche sur la requête « Htaccess Compression« , cela fait remonter mon article sur le fichier HtAccess, tout en donnant à l’internaute un lien direct vers une section spécifique de mon contenu (grâce aux ancres bien définies dans la page). Un lien qui pointe vers une ancre permet donc de donner du poids à un élément spécifique d’une page.

Google divise certaines pages en section grâce aux ancres
Google divise certaines pages en section grâce aux ancres

Attention cependant, rien ne dit si Google va pénaliser ou s’il va continuer à prendre en compte des liens multiples vers une même URL avec cette méthode. Il pourrait très bien pénalise une page ayant 40 liens avec des ancres différentes pointant vers une seule et même adresse.

Mon test vaut ce qu’il vaut. Il n’est pas parfait mais je reste persuadé de l’utilité des ancres dans les liens, à condition de les utiliser à bon escient :  à savoir ne pas utiliser cette technique de référencement de manière trop brutale, et en faisant pointer l’ancre vers un contenu réel.

Pour terminer, je remercie deux sites de m’avoir donné l’idée de faire ce test. Je pense notamment à Seomoz avec son article « 3 ways to avoid the first link count rule » (dont la lecture des commentaires est vraiment très intéressante) et Axenet avec son post « Ancres multiples« .